France-mesures anti-délocalisations: le retour du protectionnisme?

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La décision de Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat français à l’emploi, de s’attaquer aux délocalisations des centres d’appels vers le Maroc et la Tunisie, a soulevé un débat qui rappelle les temps révolus du protectionnisme.
Pressé par la crise et les chiffres du chômage en hausse, Wauquiez a promis la tenue d’assises nationales à la rentrée. Dans la foulée, il a menacé de recourir aux gros moyens, y compris à la pression fiscale, voire au chantage contre les entreprises qui délocalisent.

La décision de Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat français à l’emploi, de s’attaquer aux délocalisations des centres d’appels vers le Maroc et la Tunisie, a soulevé un débat qui rappelle les temps révolus du protectionnisme.
Pressé par la crise et les chiffres du chômage en hausse, Wauquiez a promis la tenue d’assises nationales à la rentrée. Dans la foulée, il a menacé de recourir aux gros moyens, y compris à la pression fiscale, voire au chantage contre les entreprises qui délocalisent.
Outre les incitations fiscales aux sociétés qui renoncent à la délocalisation ou, au contraire, la surtaxation des appels en provenance des centres d’appel basés à l’étranger, le plan Wauquiez entend aller plus loin, en menaçant de publier les noms des entreprises qui délocalisent.
Les centres d’appel et de relations clients sont des plateformes qui assurent des fonctions de renseignements, d’assistance à distance et de vente pour le compte des entreprises qui externalisent leurs services téléphoniques.
Pour gagner en compétitivité, plusieurs opérateurs de ce secteur ont délocalisé leurs services au Maroc et en Tunisie, où les jeunes sont parfaitement francophones et payés 2 à 3 fois moins cher qu’en France. Plus de 20.000 emplois ont été ainsi délocalisés au Maroc et quelque 12.000 en Tunisie. Aux deux pays maghrébins se sont joints le Sénégal et l’île Maurice, nouvelles destinations francophones des centres d’appels.
Pour autant, le secteur de la relation client en France est encore créateur d’emplois malgré le phénomène de l’externalisation off-shore. Sur les 250.000 emplois du secteur dans l’Hexagone, environ 60.000 sont délocalisés. Youssef Chraïbi, président de l’AMRC (Association Marocaine de la relation client) affirme que la forte croissance de ce secteur au Maroc est « portée par le phénomène mondial d’externalisation des métiers de services ». Il n’y a aucune raison que les centres d’appels n’obéissent pas aux mêmes règles économiques que les autres secteurs.
« D’un point de vue économique, nous ne sommes pas à l’ère du protectionnisme. La France est le premier fournisseur du Maroc. Or la mondialisation doit se faire dans les deux sens», soutient-il.

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