Maroc-UE : le statut avancé n’est pas un aboutissement, c’est le départ d’un brillant partenariat

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La valeur du « statut avancé » octroyé au Maroc dans sa relation avec l’Union européenne est indéniable, estime Laurent Beurdeley, chercheur et enseignant à la faculté de Droit et de Science Politique de Reims (France). Cette appréciation trouve ses fondements dans le fait que l’UE perçoit le Royaume comme un pays stable et économiquement prometteur, mais aussi en considération de ses efforts résolus sur la voie du renouveau démocratique, maintes fois salués par la communauté internationale, affirme ce chercheur dont les travaux ont porté, entre autres, sur le Partenariat euro-méditerranéen.

La valeur du « statut avancé » octroyé au Maroc dans sa relation avec l’Union européenne est indéniable, estime Laurent Beurdeley, chercheur et enseignant à la faculté de Droit et de Science Politique de Reims (France). Cette appréciation trouve ses fondements dans le fait que l’UE perçoit le Royaume comme un pays stable et économiquement prometteur, mais aussi en considération de ses efforts résolus sur la voie du renouveau démocratique, maintes fois salués par la communauté internationale, affirme ce chercheur dont les travaux ont porté, entre autres, sur le Partenariat euro-méditerranéen.
Ces efforts incontestables ont été démontrés avec la refonte de la Moudawana (code de la famille), le processus de réconciliation rendu possible par la création en 2004 d’une institution du même nom (IER), une fiabilité accrue concernant la sincérité et la transparence des scrutins, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), le remarquable rapport sur « 50 ans de développement humain au Maroc et perspectives pour 2025 », etc, ajoute Laurent Beurdeley.
Pour l’UE, le Maroc est également un allié stratégique majeur et incontournable face à de nombreux défis communs tels que la lutte contre la migration clandestine, le terrorisme, les réseaux de trafiquants, autant de défis qui requièrent une coopération renforcée entre les deux rives du Mare Nostrum. Il va de soi que, pour l’Europe, arrimer un peu plus le Maroc dans son giron s’avère une stratégie essentielle pour ses intérêts économiques et stratégiques à long terme. De son côté, le Maroc est en droit d’attendre de nets avantages d’un tel rapprochement, qui nécessitera néanmoins des adaptations structurelles d’envergure, commente Beurdeley.
C’est dans le contexte de cette relation éminemment stratégique qu’est intervenue, le 13 octobre 2008, l’annonce de l’octroi au Royaume du « statut avancé ». Un habillage terminologique pour signifier un ancrage renforcé du Maroc à l’UE. Il ne s’agit aucunement d’un aboutissement mais d’un nouveau départ conçu pour hâter les réformes dans un cadre évoluant.
Pour l’instant, l’accord d’association demeure toujours le support juridique de référence, mais à terme un nouvel instrument pourrait être substitué à ce dernier. Il pourrait alors reposer sur une base légale récemment introduite par le traité de Lisbonne (article 8 TUE). Celui-ci mentionne désormais expressément que « l’UE développe avec les pays du voisinage des relations privilégiées » et qu’elle « peut conclure des accords spécifiques avec les Etats concernés ». L’échéance du plan d’action Maroc-UE en 2010 contribuera ainsi à accélérer le débat sur l’opportunité d’un nouvel arrangement contractuel, qui renforcera davantage ce brillant partenariat, conclut Laurent Beurdeley.

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