Maghreb : Statut avancé et Intégration régionale ne sont pas incompatibles

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Le ministre marocain des affaires étrangères Taieb El Fassi-Fihri veut se positionner  à la fois sur le dossier Maghreb Europe, mais également au niveau intermaghrébin, puisqu’il a rappelé lors du sommet de Grenade que « Le statut avancé n’est nullement en contradiction avec la volonté du Maroc à réaliser l’intégration maghrébine qui demeure pour le Royaume une priorité ». Cette déclaration, dont l’objectif est de réaffirmer la prééminence du dossier maghrébin dans l’agenda diplomatique marocain, comporte également une double lecture en termes de positionnement du Maroc au sein de l’UMA.

Le ministre marocain des affaires étrangères Taieb El Fassi-Fihri veut se positionner  à la fois sur le dossier Maghreb Europe, mais également au niveau intermaghrébin, puisqu’il a rappelé lors du sommet de Grenade que « Le statut avancé n’est nullement en contradiction avec la volonté du Maroc à réaliser l’intégration maghrébine qui demeure pour le Royaume une priorité ». Cette déclaration, dont l’objectif est de réaffirmer la prééminence du dossier maghrébin dans l’agenda diplomatique marocain, comporte également une double lecture en termes de positionnement du Maroc au sein de l’UMA.
En effet, tous les observateurs du dossier sont à peu près d’accord pour constater la sclérose de l’Union du Maghreb Arabe et la nécessité d’inventer un nouveau véhicule pour l’intégration régionale maghrébine. Or, toutes les intégrations régionales au monde on pu fonctionner parce qu’elles avaient un  « moteur », généralement constitué de deux pays qui veulent aller dans la même direction. Au niveau européen, le couple franco-allemand est souvent évoqué comme principal promoteur de l’Union, et ce, malgré des divergences historiques autrement plus graves que la rivalité marocco-algérienne. Dans le cas de l’Alena, le Mexique et les USA ont su mettre de côté leurs divergences –notamment sur la question de l’immigration clandestine- afin de réaliser une intégration régionale commerciale au bénéfice de tous. L’on pourrait ainsi multiplier les exemples  où il a été fondamental qu’un couple de pays porte le projet de l’intégration régionale. Les Maghrébins seraient ils damnés au point de ne pouvoir dépasser leurs divergences ? L’on est en droit de se poser la question, tant le différend sur le Sahara Occidental qui oppose l’Algérie au Maroc ne devrait pas constituer le principal obstacle à l’intégration régionale. En réalité, les obstacles principaux sont ailleurs. Il faut ici raisonner en termes de gagnant/perdant et déterminer à qui bénéficierait une union maghrébine forte, et à contrario, qui pénaliserait-elle.  La réactivation de l’UMA bénéficierait de fait aux pays du Maghreb qui ont une économie dynamique diversifiée  (Maroc et Tunisie) et qui ont mis signé des accords de libre-échange, donc qui craignent moins la concurrence étrangère et sont moins dépendants des importations. D’autre part, l’accélération de l’intégration maghrébine constituerait une grande perte pour ceux à qui reviennent des rentes issues de l’importation de produits manufacturés, comme en Algérie et en Libye. Plus d’intégration signifierait pour les économies dynamiques plus de ventes, de débouchés, de circulation des biens. Plus d’intégration régionale veut dire pertes sèches pour ceux qui vivent de leurs rentes. Afin d’identifier qui bloque l’intégration régionale maghrébine, il suffit simplement d’identifier à qui profite le crime….

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