Maroc-Union Européenne: Vers un « statut avancé »

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En 2004, L’UE propose à ses voisins de l’Est et du Sud une relation privilégiée, en instituant la politique européenne de voisinage (PEV). La PEV s’adresse aux voisins géographiques de l’Union n’ayant pas vocation à l’adhésion. Elle repose sur une idée fondamentale : « il est dans l’intérêt mutuel de l’Union et de ses voisins de bâtir une relation plus forte et plus profonde […] car, la pauvreté, le chômage, les conflits gelés risquent d’avoir des répercussions sur l’Union Européenne en terme d’immigration clandestine, de dégradation de l’environnement et de terrorisme ».

Pour la mise en œuvre, l’Union conclut avec les pays concernés des « plans d’action PEV » sur trois ans renouvelables. Ces plans sont adaptés à la situation spécifique de chaque partenaire et comportent des actions communes accompagnées d’instruments financiers : c’est la différenciation. Dans le domaine de la PEV, le Maroc apparait comme le pays le plus avancé. En effet, le Maroc a utilisé la totalité des fonds européens du programme MEDA. Sur le plan commercial, 70% des investissements directs étrangers au Maroc proviennent de l’Union Européenne et la part de l’Union dans le volume du commerce extérieur marocain est de 66% (soit 15 milliards d’euros). De plus, Le plan d’action UE-Maroc prévoit une enveloppe de 654 millions d’euros pour la période 2007-2013, ce qui fait du Maroc le premier bénéficiaire des fonds de l’instrument européen de partenariat et de voisinage (IEVP) et l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Union dans toute la Méditerranée . Sur le plan sectoriel, les deux parties ont mis en place une architecture institutionnelle s’inspirant du régime de préadhésion à l’Union Européenne. Sept sous comités sont crées: justice et sécurité, droits de l’homme et démocratie, agriculture et pêche, marché intérieur, industrie commerce et service, recherche et innovation, et transport, environnement et énergie. Ces comités permettent d’explorer de nouveaux champs de coopération.

Sa Majesté le roi Mohamed VI, lors de sa visite à Paris le 20 mars 2000 a affirmé que le moment était venu pour le Maroc et l’UE d’aller plus loin dans leurs relations :

« Le moment est venu de donner à l’agenda européen dans notre région des tonalités différentes; Des tonalités qui laisseraient espérer au Maroc comme à d’autres pays du Sud de la Méditerranée, qu’ils pourraient prétendre à un partenariat qui serait à la fois : Plus (…) que l’Association et (…) un peu moins que l’adhésion ».

Depuis cette initiative, les déclarations se multiplient, de part et d’autre, en faveur du statut avancé . Pourquoi un statut avancé ?
Le statut avancé est avant tout une revendication du Maroc. En effet, Il y a une réelle volonté politique de Rabat d’atteindre le plus grand rapprochement possible avec l’Union (D’ailleurs, en 1987, La CEE a rejeté la demande d’adhésion du Maroc ). Au delà de la proximité géographique, des liens historiques et économiques, le Maroc voit dans l’ancrage européen un moyen de se moderniser et de se développer, s’inspirant de l’exemple de l’Espagne, du Portugal ou des PECO : « Le Maroc est fasciné par la faculté qu’a l’UE de produire du développement » .

Pourquoi l’Union Européenne soutient-elle le statut avancé du Maroc ?

L’Union a quatre raisons d’accepter cette revendication de Rabat.
D’abord, …
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