Le Statut avancé accordé au Maroc. Quelle évaluation?

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Le Maroc entretient depuis quatre déce206+6, mais plus que l’association. Ce vœu du Maroc vient d’être exaucé le 13 Octobre 2008 à Bruxelles, puisque le Conseil d’Association Maroc-Union européenne a accordé le statut avancé au Maroc, premier pays sud-méditerranéen à accéder à ce statut. Pour simplifier, le statut avancé permet au Maroc de bénéficier de toutes les attributions d’un pays membre, sauf la participation aux institutions politiques de l’Union européenne, telles que la Commission européenne et le Parlement européen.
Dans le nouveau cadre accordé au Maroc, notre pays exercera plusieurs attributions dans les domaines politique, économique et social. C’est ainsi que sur lee plan politique est prévue l’organisation d’un Sommet régulier Maroc-Union européenne, ainsi que des réunions informlles où seront traités les problèmes de sécurité, d’immigration, de gestion des crises, et toute autre question politique intéressent les deux parties. Le Maroc participera à plusieurs Agences et instances communautaires, et notamment à la Politique européenne de sécurité commune (PESC), au Collège européen de police (EUROPOL) et à l’Observatoire des drogues et des toximanies (EMCDDA). Il est prévu également la création d’une commission parlementaire mixte, le renforcement des échanges entre les partis politiques, et l’obtention par le Parlement marocain du statut d’Observateur à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. On ne peut quitter ce volet politique sans mentionner la déclaration de l’Union Européenne à l’issue du Conseil d’Association, par laquelle sur la question du Sahara « elle se félicite des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement politique négocié entre les parties, sous les auspices des Nations-Unies »
Un autre aspect prévu par le statut avancé est la coopération dans divers domaines, tendant à rapprocher la législation et les normes marocaines de celles de l’Union européenne, afin que le Maroc puisse être pleinement intégré dans l’espace européen. Il s’agit principalement de la coopération judiciaire, de l’adhésion graduelle du Maroc aux conventions du Conseil de l’Europe, à la poursuite des réformes par le Maroc, notamment la mise en œuvre des recommandations de l’Instance équité et réconciliation. Le statut avancé a accordé également une grande place à la dimension économique, financière et sociale. Il s’agit tout d’abord en matière économique, du rapprochement du cadre législatif du Maroc à l’acquis communautaire, à la conclusion d’un Accord de libre-échange approfondi, à la promotion des investissements européens au Maroc, au renforcement de la politique de recherche et d’innovation dans le secteur industriel, enfin au soutien des PME marocaines. Il est prévu également l’intégration du marché marocain de l’énergie au marché européen, notamment en matière d’électricité et de gaz, ainsi que la promotion des sources d’énergies alternatives, notamment l’éolien. Enfin le statut avancé prévoit le soutien de l’Union européenne à la réforme du secteur agricole marocain, en cohérence avec le Plan Vert.

Quelle évaluation peut-on faire de ce Statut avancé accordé par l’Union européenne au Maroc ?
On ne peut que se féliciter de cette « étape supplémentaire dans une construction sans cesse renouvelée et élargie », telle que l’a déclaré le Ministre des Affaires Etrangères Taieb Fassi Fihri. Cependant, il ne s’agit que d’une « Feuille de route », et des efforts gigantesques doivent être entrepris de part et d’autre pour arriver aux résultats concrets. Pour le Maroc tout d’abord, les mesures doivent être rapidement prises pour rapprocher la législation et les normes marocaines de l’acquis communautaire. C’est une étape essentielle pour le développement futur, qu’ont réalisé les pays de l’Est européens lors de leur adhésion à l’Union européenne en 2004. Le Maroc doit également poursuivre les réformes structurelles quant à la démocratisation de son système politique et la modernisation de son Administration, notamment le secteur de la justice. Un effort tout particulier doit être accordé au secteur agricole, principalement l’agriculture vivrière, qui n’est plus compétitive dans les conditions actuelles. L’Union européenne doit de son côté accompagner et soutenir le Maroc dans ses efforts de modernisation, notamment sur le plan financier. En effet, le budget communautaire 2007-2010 est déjà bouclé, et le Maroc doit se contenter des 654 millions d’Euros qui lui ont accordés pour cette période. Il faut espérer que pour le budget communautaire 2010-2013, un effort particulier soit accordé au Maroc. Rappelons que l’Espagne qui n’a rejoint l’Union Européenne que bien plus tard que le Maroc, a bénéficié de fonds structurels de plus de 100 milliards d’Euros lors de son adhésion en 1986. Le Maroc a absolument besoin de fonds structurels de l’Union Européenne pour développer ses infrastructures et ses régions pauvres.

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