Eoliennes

Sécurite énérgetique: le Maroc tacticien

Analyser
EoliennesLors de la décennie 1999/2009, le Maroc affiche clairement la volonté de prendre en main son destin économique face aux défis de la mondialisation. Initiatives royales, plan émergence, contrats programmes gouvernementaux, décentralisation et ouverture accrue des marchés sont les composantes d’un modèle économique et social qui rencontrent un écho positif au sein de la communauté internationale. La mise en place d’une politique visant à assurer la sécurité énergétique du Maroc –qui est, rappelons le, dépourvu d’hydrocarbures dans son sous-sol constitue une priorité pour les pouvoirs publics, et est au cœur des préoccupations du gouvernement. Selon le Ministère de l’Energie et des Mines, la consommation globale d’énergie a été multipliée par 2,6, passant de 4,7 millions de tonnes équivalent-pétrole (TEP) en 1980 à près de 12,3 millions TEP en 2005. L’Agence Internationale de l’Energie situe la consommation nationale par habitant se situe actuellement à 0,4 TEP, ce qui place le Maroc à un niveau inférieur à la moyenne des pays en développement qui est de 0,6 TEP par habitant. S’agissant de l’origine de l’énergie offerte le profil pour l’année 2005 montre que les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) contribuent à hauteur de 94,7%, l’hydroélectricité pour 3,5%, l’électricité importée pour 1,4% et l’électricité éolienne pour 0,4%. Entre 1980 et 2005, le groupe énergies fossiles a enregistré une réduction progressive de la part du pétrole au profit du charbon et une légère augmentation de la contribution du gaz naturel. Concernant la participation du secteur énergétique à l’activité économique, elle est passée de 3% du PIB en 1980 à 8% en 2005, du fait d’une demande croissante en énergie.
Le Rapport « 50 ans de développement humain et perspectives 2025 » indique que le Maroc comptera en 2012 et 20025 respectivement 38 et 47 millions d’habitants. Cet accroissement démographique va situer la demande énergétique globale à 27 millions TEP en 2012 et 47 millions TEP en 2025 soit une consommation énergétique par habitant respectivement de 0,7 TEP et de 1 TEP.

Ainsi, le Rapport « 50 ans de développement humain et perspectives 2025 » considère que la contribution du potentiel d’énergies renouvelables (hydroélectricité et éolienne) à la demande énergétique a été de près de 4% en 2005 et sera de 7% en 2025. Ces projections laissent supposer qu’en tout état de cause le recours aux énergies renouvelables restera au stade de l’appoint eu égard au volume de la demande attendue pour la période 2005-2025. Dans ces conditions le recours à une autre source d’énergie est pour l’instant privilégié. Les Pouvoirs Publics ont pris l’option de prospecter les possibilités offertes par le gaz naturel par le biais de la relance du « Plan Gazier ».Ce dernier ambitionne de porter à 23% la contribution du gaz naturel à la demande nationale d’énergie à l’horizon 2020 sachant que sa participation actuelle est de 3,3%. Dans ce cadre, la mise en service de la Centrale électrique de Tahaddart alimentée en gaz par le Gazoduc Maghreb-Europe constitue la première réalisation. La construction d’un terminal gazier sur l’axe El Jadida-Casablanca destiné à accueillir les méthaniers en provenance de pays fournisseurs fait actuellement l’objet d’études de faisabilité, dans l’optique de diversifier les sources d’approvisionnement en gaz. Le coût de ce projet est estimé à 650 millions de dollars. En outre l’élaboration en cours du Code Gazier précisera le cadre réglementaire et juridique du secteur gazier à l’instar du Code sur les hydrocarbures promulgué en 2004 qui définit un cadre incitatif en matière de prospection et d’exploration. Les dispositions du Code des hydrocarbures ont permis de conclure des contrats avec 19 sociétés correspondant à 72 permis de prospection couvrant 95% de la côte atlantique.

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