Femme marocaine

Le code de la famille, pierre angulaire de la réforme sociale

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Femme marocaineDans le souci de mettre à niveau la législation marocaine aux normes internationales, tout en respectant l’identité et les valeurs séculaires du pays, il a été entamé, en 2004, un ambitieux programme de refonte du code de la famille, permettant ainsi des avancées significatives dans l’arsenal juridique marocain, avec pour objectif de délimiter avec précision les droits et les devoirs de chacun au sein de la cellule familiale. Parfois réduite au mot « moudouwana », cette réforme constitue en réalité un profond changement et ne saurait être cantonnée à la réduction –drastique – de la polygamie, mais couvre un éventail de mesures qui ont pour objectif de protéger les mères et leurs enfants en cas de séparation des conjoints, et leur attribuer-par la loi- les moyens de continuer une existence digne. Le nouveau code a été a été adopté à l’unanimité par les deux chambres en janvier 2004 et publié  au Bulletin officiel le 5 février 2004 avec effet immédiat. Le texte s’articule autour de trois grands axes, qui constituent une vision pour une société moderne : protection des droits de l’enfant, responsabilisation des magistrats quand à la sécurisation de l’équilibre familial, et enfin, établissement du principe d’égalité entre les conjoints.

Ce dernier point, à lui seul, constitue un élément essentiel du texte, car il consacre un long combat de la femme marocaine en faveur de l’égalité et l’émancipation. En effet, l’émancipation de la femme a une portée qui va bien au-delà de la cellule familiale, et l’accès aux postes de responsabilités par un certain nombre de marocaines en est une illustration vibrante. L’exemple de Nawal El Moutaouakel, ancienne championne olympique devenue plusieurs fois ministre, et membre du comité international olympique est une preuve supplémentaire que les marocaines peuvent investir tous les secteurs. Il est maintenant entré dans les mœurs marocaines qu’une femme peut être policier ou agent d’autorité, sans être victime de discrimination en rapport avec son sexe. Au-delà de cela, le nouveau code de la famille établit sans équivoque la conduite mutuelle par les conjoints du foyer, comme il est spécifié dans son article 4 : « Le mariage est un pacte fondé sur le consentement mutuel en vue d’établir une union légale et durable entre un homme et une femme. Il a pour but la vie dans une fidélité réciproque, la pureté et la fondation d’une famille stable sous la direction des deux époux, conformément aux dispositions du présent Code ». Ces dispositions sont tout sauf anodines, car elles mettent en lumière une véritable vision politique visant à responsabiliser le pouvoir législatif, à consacrer l’Etat de droit, et à ôter au code de la famille son caractère sacré, ce qui a pu, par le passé, prêter le flan à certains débordements.

Surtout, il permet à la femme marocaine de s’affirmer pleinement comme la moitié du corps social, et de se libérer d’une logique de tutelle. Il fait de la femme un partenaire égal de l’homme, et la place en situation privilégiée quand à l’éducation des enfants ou le planning familial, là où la voix de l’homme était encore, il y a peu, prépondérante.

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