Audition publiques de l'IER

Les droits humains, premier chantier de règne de Mohamed VI

Analyser
Audition publiques de l'IEREn donnant, dès son avènement, la primauté au dossier des droits de l’homme, le souverain marocain Mohamed VI a adressé un signal clair quand à ses priorités. En effet, rééquilibrer la situation sociale du pays passait par un devoir de mémoire nécessaire et l’établissement de nouvelles règles  garantissant les libertés, tout en rappelant à chacun ses devoirs vis-à-vis de la collectivité. Dans ce souci de rééquilibrage, effectuer une relecture apaisée du passé aurait pu constituer un écueil, mais s’est finalement effectuée dans un esprit de conciliation et de prospective unique dans le monde arabe et au Maghreb. Ainsi, l’idée force de la création de l’instance Equité et Réconciliation, au-delà de la catharsis collective, était de pouvoir tirer les enseignements des débordements qu’a commis l’Etat depuis l’indépendance du pays , d’en saisir les significations, et d’offrir aux victimes une tribune pour partager leurs souffrances. Cet exercice, matérialisé par des audiences publiques retransmises par des chaînes de télévision nationales, a permis à la collectivité nationale de se regrouper et de faire émerger une conscience commune basée sur la réconciliation, et non l’oubli. En confiant la présidence de cette instance à un homme exceptionnel, Driss Benzekri – aujourd’hui décédé- qui a vécu dans sa chair certaines périodes tourmentées de l’histoire marocaine récente, la crédibilité de cette instance s’est trouvée immédiatement installée, et ses recommandations écoutées avec soin. Ce processus, rappelons le, n’était pas une obligation, mais plutôt un devoir qui s’inscrit dans une dynamique de démocratisation irréversible.Dans cette optique, la liberté de la presse a également connu une avancée spectaculaire, avec l’émergence de nouveaux médias, et la possibilité de traiter désormais tous les sujets, dans le respect des impératifs de sécurité nationale, à l’instar de toutes les démocraties du monde. Bien sûr, il arrive encore que les pouvoirs publics se crispent, notamment à l’égard des cyber-journalistes, mais l’histoire récente a démontré que l’Etat marocain a une grande capacité d’adaptation, et sait, quand cela est nécessaire, procéder à une lecture plus souple des textes de lois, dans le souci de préserver la liberté de parole.

Au Maroc, le droit de grève, la liberté d’association, ainsi que la liberté de manifester sont désormais des acquis sur lesquels nul n’aurait l’idée de revenir, car un dialogue permanent entre les autorités et les acteurs sociaux, bien qu’animé, est en train de s’installer, garantissant la vitalité de la réflexion stratégique, et permettant aux décideurs publics de se nourrir des revendications sociales afin de légiférer en conséquence.Ainsi, le Maroc est en train de se diriger vers un modèle ou nul ne pourra être incarcéré pour des délits d’opinion, mais où les règles du jeu seront transparentes et s’appliqueront à tous. En effet, l’ouverture du système s’accompagne d’un souci permanent de faire comprendre aux citoyens que la responsabilité est le corollaire indispensable à la liberté…

Laisser un commentaire