Le Tramway de Rabat

Une économie tournée vers la production de connaissance et la consolidation des industries traditionnelles

Analyser
Le Tramway de RabatL’économie marocaine, avec un taux de croissance annuel autour des 6%, est en train de vivre son aggiornamento, basé sur le principe de réalité, et répondant au souci de préserver les plus faibles tout en soutenant les secteurs porteurs. L’arrimage à l’Europe, qui est dans la continuation naturelle des liens économique très forts entre les deux partenaires permettra de poursuivre ce développement grâce aux mesures fortes inscrites dans le texte du statut avancé. En effet, dès le début du XXème siècle, le Maroc fait le pari des nouvelles technologies et axe sa stratégie de conquête économique sur l’attraction des investisseurs étrangers soucieux de faire baisser leurs coûts de production. Sous l’impulsion du gouvernement de Driss Jettou, une vaste réflexion est lancée, avec le concours du cabinet Mc Kinsey, pour définir les contours de la stratégie émergence, plus connue sous le nom « contrat progrès émergence». Afin d’élaborer ses 700 propositions, le cabinet MC Kinsey a utilisé la méthode de l’avantage comparatif. Il ressort de cette étude que le Maroc dispose de deux atouts majeurs. Sa position géographique tout d’abord, mais également la pratique des deux langues véhiculaires marocaines, le français et l’espagnol. Le cabinet a ensuite utilisé la technique de transposition du benchmarking, accolant les atouts du Maroc sur les industries des pays francophones et hispanophones. Cette étude a permis de faire ressortir les industries qui coûtent cher à exploiter dans ces pays (en raison notamment du coût du travail), et qu’il serait intéressant de délocaliser dans le Royaume. Cette analyse reprend en grande partie le succès de la politique d’offshoring des pays anglo-saxons vers l’Inde, enclenchée dès le début des années 90. Les atouts du Maroc pour attirer les entreprises francophones et hispanophones s’appuient sur les progrès considérables des réseaux de télécommunication et également sur la présence en grand nombre de jeunes diplômés. Le secteur de l’offshoring au Maroc représente déjà près de 300 millions d’euros, répartis sur une cinquantaine d’entreprises, et employant près de 20 000 personnes. Visant à réduire la facture numérique, à placer le pays en position de leader des nouvelles technologies en Afrique, cette stratégie industrielle repose sur une palette de mesures très large, visant à mettre le pays en ordre de marche dans la nouvelle économie mondialisée. Ainsi, des zones dédiées, spécifiquement conçues pour les technologies de l’information, ont été conceptualisées, puis mises en place, telles Casa Near Shore (venant doubler la capacité d’accueil du Technopark de Casablanca), Rabat Technopolis (récemment inaugurée), puis FesShore, TangerShore et Marrakech Shore (en cours de réalisation).Mine de phosphateVéritables catalyseurs de la nouvelle économie marocaine, ces zones dédiées permettent aux entreprises de se déployer rapidement à coût réduit, favorisant ainsi l’innovation dans un contexte mondial hyperconcurrentiel. Parallèlement, des zones de sous-traitance industrielle, ciblant des secteurs porteurs tels que l’aéronautique ou l’industrie automobile, ont également bénéficié d’espaces dédiés, dont a profité la plus grande usine internationale de Renault Nissan, qui se situera à proximité du port de Tanger Méditerranée et qui devrait commencer à produire au début de la décennie 2010. Parmi ces zones de sous-traitance industrielle, l’électronique de spécialité, ainsi que l’aéronautique, tient également une place importante, avec le développement de Tanger Electronic City ou du pôle aéronautique Nouacer et Marrakech. Résolument tournée vers les nouvelles technologies, l’Economie marocaine en 2008 n’oublie pas de consolider ses secteurs plus traditionnels, et soutient le développement de l’agriculture, à travers les « agro-centers », dont le bipôle Meknès Fès, celui de Gharb, de la région Souss-Massa-Draa, ou encore de l’Oriental. Véritables laboratoires d’une nouvelle agriculture plus productive mais respectueuse du développement durable, ces agro-centers sont la cheville ouvrière de la réforme de l’agriculture marocaine, et agissent comme éclaireurs sur les nouveaux modes de production et les tendances agricoles. Les produits de la mer ne sont pas en reste puisque deux plateformes de transformation leur sont consacrées, à Agadir et à Laayoune Dakhla, toujours dans le même souci d’augmenter la productivité tout en étant vigilant quand à la préservation des ressources halieutiques.

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