Vue aérienne de Casablanca

1999-2009 : Une décennie réformatrice qui a profondément changé le Maroc

Analyser
Vue aérienne de CasablancaParfois, il est utile de s’arrêter sur le passé pour comprendre l’avenir. Depuis dix ans, le Maroc a changé. Il a connu des moments douloureux, avec l’intrusion du terrorisme dans un pays qui y était étranger. Il a osé effectuer une relecture apaisée de son passé, et notamment des dérapages éventuels des pouvoirs publics dans leur relation ombrageuse avec le citoyen. Enfin, il a identifié et encouragé les domaines dans lesquels il puise son dynamisme économique actuel. Ayant quasiment doublé son PIB en quinze ans, avec une croissance officielle qui tourne autour de 6%, mais qui est en réalité plus proche des deux chiffres si l’on y ajoute le secteur informel, le Royaume est en passe de démontrer que le développement économique peut s’accompagner d’un réelle ouverture démocratique, malgré quelques « crispations » des pouvoirs publics, corollaires naturels de cette démocratisation voulue par le sommet, puis adoptée par la base. En réalité, sans faire de bruit, presque dans le silence, le pays a regroupé ses atouts pour constituer la première force de frappe économique du Maghreb, en faisant un partenaire incontournable de l’Europe. Celui à qui l’on imposait naguère -amicalement- est désormais courtisé, et les entreprises occidentales rivalisent d’ingéniosité pour gagner les marchés des grands chantiers marocains. Preuve en est, lors de sa visite d’Etat à l’automne dernier, le Président Français, Nicolas Sarkozy, lors d’une intervention devant les patronats marocains et français réunis, reconnaissait que la France commençait à perdre de l’influence, et que le Maroc regardait vers d’autres pays, tels l’Espagne et les Etats Unis, à l’entreprenariat dynamique…

Destination privilégiée de l’Investissement Direct Etranger au Maghreb, le Maroc a traité avec lucidité la plupart des dossiers qui pouvaient être considérés comme un frein à son arrimage économique à l’Europe. Nul ne pourrait en effet contester que la presse marocaine est la plus libre du monde arabe, et que les journalistes du Royaume estiment eux-mêmes qu’il n’y plus de sujets « tabous ». Le mérite en revient, bien évidemment, à certains titres, qui auront joué le rôle d’éclaireurs, et qui, sans malice mais avec un agenda clair, ont constamment bousculé les lignes rouges, celles que l’on n’osait pas dépasser, souvent d’ailleurs par autocensure, mais parfois par peur des répercussions. Bien sûr, de temps à autre, il en est qui estiment que cela ne va pas assez vite, mais après tout, le Royaume n’est pas un tout jeune homme, et le temps du Maroc n’est pas celui de l’occident, il ne dépend pas d’échéances électorales mais s’inscrit dans la durée. La monarchie, garant contre tous les extrémismes de part sa position centrale dans l’échiquier religieux, est à cet égard fondamentale, car elle permet d’avoir une profondeur de vision importante et de faire des projections sur plusieurs décennies, là où d’autres systèmes doivent prendre des mesures à court terme. Le courage politique de Mohamed VI aura été, précisément, de savoir que cette gestion du temps, dans un pays où la jeunesse est très importante, nécessite un engagement sur le terrain sans précédent, où les chantiers immédiats cohabitent sereinement avec les projets à long terme…

 

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