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L’Europe octroie un statut avancé à Rabat

Presse francophone
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À l’occasion de la réunion de ses ministres des Affaires étrangères au Luxembourg, l’Union européenne (UE) a accordé ce lundi au Maroc le statut avancé que Rabat réclamait depuis 2004. Le résultat est un renforcement des relations entre le royaume chérifien et les 27 pays membres de l’Union: sur le plan politique, ce statut avancé prévoit l’organisation de sommets réguliers UE-Maroc et la participation du Maroc aux opérations européennes de gestion de crise. Sur le plan économique, ce statut inclurait la « mise en place d’un espace économique commun », s’inspirant des règles régissant l’Espace économique européen (l’UE plus la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein). De plus, le Maroc pourrait participer à quelques agences européennes: Eurojust, Europol, l’Agence européenne de la sécurité aérienne ou l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.

Dans le cadre du processus de Barcelone, Rabat avait déjà conclu, en 2000, un accord d’association avec l’UE qui permettra, à terme, la mise en place d’une zone de libre échange en 2010.

Mais le Maroc voulait plus qu’un accord d’association. N’ayant pas la possibilité d’adhérer au bloc européen, il souhaitait bénéficier d’un statut avancé. Pour appuyer sa demande, Rabat avait mis en avant sa proximité géographique avec le continent européen, son histoire, l’intensité des flux commerciaux et humains, ainsi que sa participation à la politique européenne de sécurité et de défense.

Selon le projet de texte qui a été adopté par les ministres européens des Affaires étrangères, le statut avancé se traduira par un raffermissement de la coopération politique entre le Maroc et l’UE. Trois autres pays sont sur les rangs pour obtenir ce statut : l’Ukraine, Israël et la Moldavie.

Les relations entre Bruxelles et Rabat étaient jusqu’à présent régies par un accord d’association, en vigueur depuis 2000. Accord qui s’inscrit dans le cadre de la politique dite « de voisinage » destinée aux pays proches n’ayant pas été choisis pour adhérer au bloc européen.

Depuis 2004, le Maroc – déjà premier Etat bénéficiaire des fonds européens destinés à ces pays- souhaitait bénéficier de ce statut avancé. L’accord conclu ce lundi au Luxemburg va donc permettre la mise en place d’un espace commun inspiré des règles régissant l’Espace économique européen élargi.

Aujourd’hui, plus de la moitié des relations commerciales du Maroc se font avec l’Europe. Le royaume chérifien importe surtout des produits manufacturés européens. Ses exportations concernent principalement les produits alimentaires, mais aussi des produits finis du secteur textile. Et certains de ces produits sont déjà admis en franchise sur le marché de l’Union.
Pour pouvoir intégrer progressivement le marché intérieur européen, le Maroc devra cependant reprendre à son compte bon nombre de normes et de standards européens.
Selon certains experts, l’arrimage à l’Europe via cette zone de libre échange devrait se traduire par une augmentation du produit intérieur brut de l’ordre de 1,5%. Une augmentation qui pourrait atteindre 2,5% dans le cadre d’une ouverture plus large à l’ensemble des pays de l’Union.
Ce surplus de revenu viendrait essentiellement des exportations de produits que le Maroc écoule sur le marché européen. Mais, préviennent les experts, la baisse des tarifs douaniers pourrait entraîner une augmentation rapide des produits d’importation européens, au détriment de la production locale.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri, a salué le statut avancé accordé par l’UE à son pays. Il a souligné que Rabat bénéficierait désormais de « tous » les avantages de l’Union « sauf les institutions ».
Le chef de la diplomatie marocaine, qui s’était déplacé à Luxembourg, a également affirmé: « cet engagement européen sur le statut avancé est d’abord le témoignage d’une confiance » dans « l’effort du Maroc en terme de réformes politiques, de consolidation de l’Etat de droit, d’une meilleure justice, de réformes économiques, de cohésion sociale et de lutte contre la pauvreté ».

par RFI

 

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