L’OCP voit d’un mauvais œil une nouvelle règlementation européenne sur les fertilisants

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Le groupe marocain OCP (Office Chérifien des Phosphates) est en train de batailler pour limiter les dégâts attendus de l’adoption d’ici fin 2017, d’une nouvelle règlementation de l’Union Européenne (UE) sur les fertilisants commercialisés sur le marché européen.

A travers cette nouvelle règlementation en cours d’adoption au Parlement européen, Bruxelles entend réduire la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés, un métal toxique contenu naturellement dans les roches de phosphate et qui se transmet dans les engrais. Pour les experts européens, le cadmium est cancérigène et nocif à la santé des hommes.

D’où l’inquiétude du management de l’OCP qui réalise 32% de son chiffre d’affaires sur le marché de l’UE.

Le groupe marocain et certaines associations professionnelles européennes opérant dans le secteur des fertilisants, mènent donc une ultime bataille au niveau de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du parlement européen, pour éviter une réduction trop importante des seuils autorisés de cadmium.

Dans son projet, l’UE propose d’abaisser la limite autorisée de cadmium dans les engrais à 60 mg/kg, puis à 40 mg/kg après trois ans (2021) et à 20 mg/kg à l’horizon 2030. Un écart considérable face aux teneurs actuelles contenues dans les phosphates marocains, qui varient de 29,5 à 72,7 mg/kg selon le site d’extraction de la roche et le type d’engrais produit.

Mais les détracteurs de ce projet, auraient déjà perdu la bataille, car en juin dernier, l’avis est voté en maintenant les teneurs citées plus haut et en resserrant l’échéancier de son application. Le texte initial propose de passer à une limite à 20 mg/kg, 12 ans après l’adoption du texte alors que la commission propose de ramener ce délai à 9 ans.

Dans l’autre camp, les associations des industries de la fertilisation, notamment l’Union des industries de la fertilisation (France), estiment qu’un transfert vers les plantes et aliments via les fertilisants est très complexe à analyser.

En plus, les industriels estiment que c’est une technologie encore coûteuse et pas toujours économiquement viable et qui aura fatalement un impact sur les prix des engrais et fertilisants extraits des phosphates et réduira la marge bénéficiaire des pays producteurs/exportateurs de phosphates et à leur tête le Maroc, premier exportateur mondial.

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