Maroc/UE : Les Européens veulent le beurre et l’argent du beurre

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Certains eurodéputés tout en appuyant le partenariat de l’Union Européenne (UE) avec le Maroc, continuent en même temps, à s’accrocher à l’application à la lettre du jugement émis le 21 décembre 2016 par la CJUE au sujet de l’accord agricole.
Si le Maroc exige de l’UE le respect de ses engagements dans le cadre de l’accord agricole conclu fin 2012, les eurodéputés en question recommandent l’application des termes du jugement de la Cour européenne qui stipule entre autres, l’exclusion des produits agricoles en provenance des provinces sud du Royaume.
En revanche, les députés du Parlement européen et les membres de la Commission européenne souhaitent que la CJUE ne réserve le même sort  à l’accord de pêche, devant être renouvelé fin juillet 2018, même si un tel jugement serait peu probable puisqu’il implique les produits de la pêche provenant de la zone sud du Royaume et donc ne diffère aucunement de l’accord agricole.
Cette contradiction n’a pas empêché le directeur de la Pêche durable à la Commission, Stefaan Depypere d’assurer qu’«il y a des éléments qui diffèrent entre les deux accords et pourraient inciter le Tribunal (CJUE) à se prononcer différemment».
La Commission européenne a même retenu une drôle d’idée, celle de vouloir consulter la population du Sahara pour trancher sur l’avenir de l’accord agricole en conformité avec le verdict de la justice européenne.
Dans le secteur de la pêche ce sont évidemment les eurodéputés espagnols qui s’agitent le plus vu que leur pays en étant le plus grand bénéficiaire. Ils veulent préserver à tout prix les acquis de l’Espagne dans la filière de la pêche, contrairement aux produits agricoles qui concernent de nombreux pays européens et concurrencent les produits espagnols.
Mais pour le Maroc, l’accord de 2012 dans ses deux composantes (agriculture et pêche) est un tout indivisible à prendre ou à laisser. Les Européens ne peuvent pas exiger du Maroc, le beurre et l’argent du beurre en prenant ce qui leur convient et en rejetant tout le reste.
Dans le cas d’une impasse dans ses tractations avec l’UE au sujet des accords agricole et de la pêche, le Maroc a déjà balisé le terrain pour des solutions de substitution en Afrique, au Proche-Orient et en Asie.

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