L’UE et le Maroc à deux pas du divorce

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Le Maroc et l’Union européenne (UE) sont visiblement à quelques pas d’un divorce irréversible si les instances dirigeantes de l’UE ne lèvent pas les obstacles qui se dressent sur la voie de son partenariat avec le Royaume.

Après plusieurs mises en garde de Rabat dans la foulée du différend autour de l’accord agricole 2012 qui n’est pas définitivement clos, l’UE vient d’adopter une nouvelle législation phytosanitaire «trop stricte» devant entrer en vigueur en 2019, et qui risque de pénaliser fortement les exportations agricoles et agroalimentaires du Maroc.

Cette législation qui remplace une ancienne mouture datant de 1977, suscite déjà de vives inquiétudes au Maroc où elle est perçue comme une nouvelle barrière protectionniste devant les exportations agricoles et agroalimentaires marocaines vers l’UE qui s’élèvent aujourd’hui à plus de 65%, dont 82% de légumes et fruits.

Le nouveau texte publié sur le portail du Journal officiel de l’UE, envisage  des règles plus strictes et moins précises devant être appliquées aux produits agricoles importés entre autres du Maroc qui est pourtant bénéficiaire d’un Statut Avancé, devenu apparemment un simple titre honorifique.

Aux termes de cette nouvelle réglementation, l’UE devrait arrêter d’ici à 2019, une liste des produits végétaux, dits à haut risque, dont l’importation sera strictement interdite.

La nouvelle mesure de l’UE intervient au moment où son commissaire à l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, Karmenu Vella déclarait en marge du 4ème Salon Halieutis tenu du 15 au 19 février à Agadir, que «nous maintenons la coopération entre l’UE et le Maroc et nous travaillons pour la renforcer davantage sur la base de la confiance et des intérêts mutuels».

Visiblement, l’accord agricole conclu fin 2012 entre le Maroc et l’UE, n’avance plus comme prévu en raison des manœuvres de certains lobbys européens hostiles au Royaume et des contradictions qui planent au niveau des centres décisionnels à Bruxelles et Strasbourg.

Face aux pressings des lobbies et aux désengagements de l’UE, le Maroc a déjà menacé de revoir tous ses accords de partenariat avec l’UE, y compris l’accord d’association et de se tourner vers d’autres partenaires.

«Il est inadmissible que quand on veut vendre un kilo de tomate ou un kilo de sardine, on nous mène la vie dure, alors que de notre part, nous veillons à respecter les clauses de l’accord à la lettre», s’est défendu au Salon Halieutis, le ministre marocain de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, invitant l’Union européenne à respecter ses engagements.

 

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