Maroc-Pêche: L’UE renforce le contrôle des débarquements dans ses ports

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pecheL’Union européenne (UE) a décidé de renforcer le contrôle des débarquements des bateaux de pêche au niveau de ses ports, comme c’est déjà le cas dans les ports marocains.

Dans le cadre de la nouvelle politique européenne de croissance bleue et en application du nouveau protocole de pêche Maroc-UE, en vigueur depuis le 15 juillet 2014, les deux parties vont même lancer prochainement des inspections conjointes d’experts pour maîtriser les flux des débarquements et partant les décaissements de la contrepartie financière qui y sont liés. Pour rappel, le nouveau protocole de pêche prévoit une contrepartie financière au profit du Maroc, sur la base des possibilités de pêche convenues et d’une gouvernance renforcée.

Lors d’une rencontre avec la presse le 24 mai à Rabat, Sébastien Copin, attaché de l’UE, chargé de mission à la pêche, a affirmé que ce troisième protocole avait atteint son rythme de croisière.

Aujourd’hui que le débat politicien autour du renouvellement de l’accord de pêche qui a été rejeté en 2011, est dépassionné, a-t-il dit, on pourra désormais faire la part des choses.

Le renouvellement du protocole de pêche avait été bloqué sous la pression d’un groupe de députés européens pour des raisons politiques en relation avec le conflit du Sahara marocain. Il a fallu donc attendre juillet 2013 pour que l’accord soit paraphé et un an encore pour sa mise en œuvre, donnant droit au Maroc à une contrepartie financière de 160 millions d’euros étalées sur 4 ans.

Suite à la modification en mars 2011 de l’article 136 du Traité de Lisbonne, le Parlement européen subordonne désormais toute assistance financière à un pays tiers, à une stricte conditionnalité.

Sachant que l’aboutissement de l’accord de pêche Maroc-UE doit tenir compte de plusieurs paramètres, qui ne sont pas forcément d’ordre économique, les négociateurs marocains devaient jouer sur les rapports de force au sein du Parlement européen pour faire prévaloir les intérêts du Royaume.

Désormais, précise le responsable européen, l’UE s’appuie sur un système de reporting pour chaque zone où les 126 bateaux communautaires pêchent.

Les résultats du reporting conditionnent les décaissements de l’année suivante. Tout est consigné sur papier, le nombre d’embarquements de marins marocains, l’impact de la compensation financières sur les projets retenus dans le protocole ainsi que les débarquements dans les ports marocains fixés à 25 voire 30% des prises.

Dans quelques semaines, la commission scientifique, composée d’experts de l’UE et de l’Institut national marocain de recherche halieutique, tiendra une réunion pour dresser une première évaluation et émettre les recommandations nécessaires.

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