Exportations agricoles: Est-ce le début d’une rupture entre Rabat et Bruxelles ?

Actualités

benkirane-ueLe Maroc a énergiquement protesté contre les nouvelles mesures prises l’Union européenne dans sa politique agricole commune.
Pour le ministre marocain de l’agriculture, Aziz Akhannouch, la décision de l’UE de modifier le régime des prix d’accès des fruits et légumes marocains à ses marchés « est une démarche aussi étonnante qu’incompréhensible.
A Rabat, on pense en effet, que de telles mesures vont fortement impacter le flux traditionnel des exportations marocaines de fruits et légumes et leurs prix d’entrée dans le marché européen.
Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a abordé en personne jeudi, le sujet avec le chef de la délégation de l’UE à Rabat, Rupert Joy. Il lui a signifié «la profonde préoccupation» du Maroc au sujet des nouvelles mesures adoptées «unilatéralement» par l’UE, en contradiction avec ses engagements au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et avec les dispositions de l’Accord d’Association liant le Maroc à l’UE.
Accompagné de son ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, du ministre d’Etat, Abdellah Baha et de la ministre déléguée aux A.E et à la Coopération, Mbarka Bouaida, le chef de l’exécutif marocain a demandé à Rupert Joy des solutions urgentes et concrètes pour préserver les acquis contractuels du Royaume tels que prévus par l’Accord agricole Maroc-UE qui vient à peine d’entrer en vigueur.
Un tel changement de régime constitue un recul majeur, voire une remise en cause des dispositions de l’Accord agricole, regrette la partie marocaine.
Le Maroc étant «résolument engagé dans son partenariat stratégique et global avec l’Union européenne» appelle Bruxelles à mesurer l’impact de cette modification sur le secteur agricole marocain, un secteur-clé dans les échanges commerciaux entre les deux parties, a encore confié Benkirane au représentant de l’UE à Rabat.
Ce changement de cap impromptu de l’UE impactera par ricochet le déroulement normal des négociations en cours de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), dont le 4ème round vient d’être bouclé ce vendredi à Bruxelles. Cet accord, dont les négociations ont débuté le 22 avril 2013 à Rabat, a justement pour objectif principal de faciliter l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE. Ce qui n’est pas le cas.
Ceci dit, l’adoption en début de semaine par la commission de l’Agriculture au Parlement européen de l’acte délégué relatif aux prix d’accès au marché européen de produits agricoles marocains et son adoption finale imminente par les instances de l’UE, pourrait faire tout simplement avorter les négociations de l’ALECA, voire même remettre en cause l’ensemble de l’accord d’association Maroc-UE.

Laisser un commentaire