Maroc/UE : Pourquoi le futur ALECA fait-il peur aux Marocains?

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Les relations de partenariat entre l’Union européenne et le Maroc devraient passer bientôt à un niveau supérieur de coopération.

Les deux parties ont entamé ce lundi à Rabat, un premier round des  négociations d’un nouvel accord de libre-échange approfondi et complet (ALECA). Cet accord est sensé baliser le terrain pour une plus grande intégration de l’économie marocaine dans le marché communautaire européen.

Il faudra néanmoins s’attendre à plusieurs rounds prévus alternativement à Rabat et Bruxelles. Pour rappel, ces négociations ont été annoncées officiellement le 1er mars dernier à l’occasion de la rencontre à Rabat, du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Si le Maroc est le premier pays de la Méditerranée avec lequel Bruxelles lance de telles négociations, certaines inquiétudes sont exprimées dans le Royaume, quand aux futurs rapports de force entre les deux partenaires.

L’ALECA qui va au-delà des simples échanges commerciaux et de suppression des droits de douane, devrait couvrir toute une gamme de domaines réglementaires, tels la facilitation des échanges, les services, les mesures sanitaires et phytosanitaires les marchés publics, les obstacles techniques au commerce, la politique de concurrence et de droits de propriété intellectuelle ou encore la protection des investissements. Sur ce dernier point, le futur accord devrait prévoir les mécanismes de garantir aux investisseurs européens les mêmes droits qu’aux investisseurs nationaux et c’est ce qui effraye le plus les chefs d’entreprises marocaines qui n’ont pas les reins assez solides pour affronter chez eux, la concurrence des géants de l’économie européenne.

Par ailleurs, au stade actuel des négociations on ne parle que peu ou pas du tout de la question de mobilité des personnes qui constitue souvent un parcours du combattant pour les Marocains. A chaque déplacement en Europe, les Marocains sont obligés de demander un visa d’entrée dans l’espace Schengen, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des ressortissants de l’UE.

Du côté européen, on tient tout de même, à rassurer qu’avant la conclusion du futur ALECA, l’UE s’est déjà fixée comme priorité de soutenir le Maroc dans ses efforts de développement économique et social et l’accompagner pour mener à terme l’ensemble de ses réformes en cours.

Pour preuve, dit-on, depuis la conclusion en 1969, de son premier accord commercial avec le Royaume, l’Union européenne est actuellement le premier partenaire et investisseur étranger au Maroc.

Pour Bruxelles qui prépare le terrain pour des négociations similaires avec la Jordanie, l’Egypte et la Tunisie, cette expérience avec le Maroc, revêt une valeur de référence pour l’ensemble du pourtour de la Méditerranée.

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