Maroc : le M20 à bout de souffle

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Le Mouvement contestataire du 20 Février (M20) au Maroc souffle sa deuxième bougie dans un contexte post Printemps Arabe où la transition islamiste modérée est en cours de consolidation au Maroc, alors que l’insatisfaction s’accroît en Tunisie, en Libye et en Egypte.
Au départ, le M20 s’est présenté comme un mouvement non-violent, démocratique et tolérant. Ses jeunes animateurs scandaient des slogans contre la corruption, pour l’amélioration de la situation économique du Maroc et pour plus de droits sociaux. Pourtant, après avoir été salué par les observateurs internationaux et avoir surfé sur la vague de ce qui a été hâtivement baptisé Printemps Arabe, le M20 s’est vite transformé en une organisation déstructurée et gangrenée par des gauchistes et par la mouvance islamiste extrémiste d’Al Adl Wal Ihsane. Ne pouvant produire un discours politique crédible et viable, le M20 a vite sombré dans le désordre et la confusion.
Après un an d’existence, Zineb Belmkaddem (l’une des égéries du M20) a déclaré que le mouvement devait se réinventer. Le mouvement avait perdu de son aura et de son capital confiance et la situation de ses membres ne permettait plus à la mouvance de fonctionner. Le roi Mohammed VI ayant su écouter les revendications de la rue, a réussi à garantir la stabilité du pays en permettant un changement par la voie des urnes. Les islamistes modérés du Parti Justice et Développement (PJD) qui n’ont pas participé aux manifestations, ont astucieusement utilisé cette vague de contestation. Après l’essoufflement ressenti dès l’adoption de la nouvelle Constitution en juillet 2011, le coup de grâce porté au M20 était venu avec la victoire du PJD aux élections législatives de novembre de la même année, puis par le retrait des membres d’Al Adl Wal Ihsane en décembre. Depuis, le mouvement n’est plus que l’ombre de lui-même et tout ce que l’on a pu retenir de lui sont les frasques de ses dirigeants.
Certains de ses membres dirigeants ont troqué leur veste de militant pour une position au chaud au sein d’un parti politique. Abouammar Tafnout et Rachid Hababa ont intégré le Parti Socialiste Unifié (PSU), d’autres ont rejoint le Rassemblement National des Indépendants (RNI). Oussama El Khlifi, le ‘Che du Maroc’ selon le quotidien Français Libération, membre fondateur du M20, avait rejoint le Parti Authenticité et Modernité (PAM) avant de s’en faire exclure après avoir été, une énième fois, arrêté en état d’ébriété et altercation avec des policiers. La palme est décernée a Rachid Antid qui, après avoir contribué au M20, se targuant sur les réseaux sociaux d’en être le fondateur, a posté une photo nu de lui-même sur le site Facebook, suite à ses tentatives d’escroquer des sympathisants du mouvement en leur demandant des ‘cotisations’ pour poursuivre la contestation.

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