L’UE se désiste pour la première fois d’un projet commun avec le Maroc

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Le projet Face Maroc prend un coup dur avec la suspension de la part de financement de l’Union européenne (UE). Lancé il y a quatre pour encadrer les promoteurs de la diaspora marocaine en Europe qui vent créer des projets dans leur pays d’origine, cet ambitieux projet qui a donnée de bons résultats sur le terrain risque de s’éteindre à jamais. Alors qu’il été cofinancé du côté européen à hauteur de 1,4 million d’euros, soit plus de 67 % du total (2,3 millions d’euros), à présent l’UE qui est mise à rude épreuve par la crise économique et financière, a décidé tout simplement de fermer les robinets. «L’Union européenne n’est pas en mesure d’apporter à nouveau son soutien financier », a affirmé Eneko Landaburu, ambassadeur de l’UE au Maroc lors d’une conférence tenue mardi à Casablanca.
«On a juste montré le chemin, et il faut que le ministère de tutelle trouve les moyens financiers et humains pour assurer la continuité de cette expérience exemplaire », a précisé Eneko souhaitant que le projet soit maintenu.
L’UE dont l’économie de plusieurs pays membres traverse des moments difficiles, souhait à présent que le Maroc assume à lui seul ses responsabilités vis-à-vis de ses ressortissants dans le cadre de ce projet. Pour combler ce vide, le département des Marocains résidant à l’étranger (MRE) s’est aussitôt mis à la recherche d’un accompagnateur alternatif pour ne pas laisser foirer le projet « Face Maroc », qui de l’avis des responsables marocains, il a largement dépassé les objectifs escomptés. Selon le directeur au ministère chargé des RME, le département de tutelle est en train de finaliser une stratégie d’accompagnement des MRE avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD).
Par ailleurs, le bilan du projet Face Maroc est on ne peut plus encourageant puisqu’il a permis la création depuis la date de son lancement en février 2009, de 236 entreprises à fin novembre 2012 pour un investissement global de 85.126.220 DH, contre 225 initialement prévues. Ces projets pour la majorité des Très petites entreprises (TPE) ont généré 844 postes d’emploi directs au lieu des 1.350 attendus. Le taux d’échec a avoisiné les 10 %. D’autre par, 15 % de ces projets ont été réalisés par des femmes et 85 % par les hommes.
La déclinaison par pays de résidence montre que la diaspora résidant en Italie tient le haut du podium avec 28 % des entreprises créées, suivie par la France (25 %), les Pays-Bas (16 %), l’Espagne (15 %), l’Allemagne (7 %), la Belgique (4 %), l’Angleterre (3 %) et enfin la Suisse, le Portugal et la Pologne avec 1 % seulement.
La répartition par secteurs, les projets dans le secteur des services viennent en tête avec 16 % de l’effectif total, dont 50 % dans la région de Casablanca et 23 % dans la région de Rabat.  Le secteur du Bâtiment et des travaux publics représente 16 %. La Restauration et l’Hôtellerie attire 15 % alors que les secteurs import/distribution, logistique/transports et Industrie représentent respectivement 12 %, 11 % et 3 %.
C’est la première fois que l’Union européenne auquel le Maroc est lié depuis 2008 par des accords d’association rehaussés par un statut et bientôt par un accord de libre échange en cours de discussion, fait machine arrière et se retire d’un projet commun.

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