Maroc- Rajoy: une visite sous le signe de la proximité économique

Actualités

La crise économique aiguë que vit l’Espagne n’a pas empêché le chef du gouvernement Mariano Rajoy de se rendre, en compagnie de sept de ses ministres, pour une visite au Maroc qui traduit la densité des relations économiques et politiques entre les deux royaumes voisins.

Les entretiens de Mariano Rajoy, ce mercredi à Rabat, avec son homologue marocain Abdelilah Benkirane insisteront sur les questions économiques et commerciales. L’Espagne est en effet le deuxième partenaire économique du Maroc après la France. Près d’un millier d’entreprises espagnoles y sont installées et quelque 20.000 entreprises ibériques exportent vers le Maroc. De l’autre côté, la communauté marocaine vivant en Espagne est la deuxième en nombre après celle de France, avec près d’un million de personnes. Autant dire la grande proximité des relations bilatérales et l’imbrication des intérêts entre les deux pays. C’est d’ailleurs au Maroc que Mariano Rajoy avait consacré en janvier dernier, son premier voyage officiel à l’étranger après son élection. Le chef du gouvernement marocain, l’islamiste modéré Abdelilah Benkirane avait fait de même en mai de la même année. Mais si les relations économiques et commerciales sont en tête de l’ordre du jour, les questions politiques ne sont pas en reste. Le gouvernement Rajoy a en effet très tôt salué la dynamique enclenchée par les réformes démocratiques engagées au Maroc. Madrid a aussi adopté une position assez proche de celle de Rabat sur le règlement du conflit du Sahara occidental, ce qui avait par ailleurs irrité Alger.

Autre point sensible, la question migratoire. Le Maroc, qui servait de porte d’entrée pour la migration subsaharienne vers l’Europe, a resserré les contrôles, rendant vaines les tentatives des clandestins pour passer de l’autre côté de la méditerranée. L’Espagne est, bien sûr, le plus grand bénéficiaire de ce tour de vis sécuritaire. En attendant, les subsahariens restent bloqués en territoire marocain, transformant en quelques années le Maroc de pays émetteur en pays de transit, puis en pays de séjour durable pour les migrants subsahariens. Là encore, Madrid et Rabat ont fait jusqu’à présent preuve d’une gestion coordonnée des flux en attendant une réponse plus appropriée au problème des clandestins africains en territoire marocain.

Laisser un commentaire