Maroc-UE : la fin de l’accord de pêche déprime les pêcheurs espagnols

Actualités

Le vote des parlementaires européens contre la prolongation de l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne a été une surprise pour tout le monde. A commencer par les européens eux-mêmes. L’accord interrompu par le Parlement européen le 14 décembre à Strasbourg, avait pourtant reçu le feu vert de l’exécutif européen à Bruxelles, en juillet dernier. C’est dire l’incompréhension totale en Europe, particulièrement en Espagne où les pêcheurs sont sous le choc d’une décision qui les force au chômage immédiat. Car la réaction du Maroc ne s’est pas fait attendre. Rabat a aussitôt ordonné l’arrêt sur-le-champ de l’activité de pêche dans les eaux marocaines. Plus de 120 navires de pêche européens, en écrasante majorité espagnols, ont dû retirer leurs filets et regagner leurs ports d’attache. Madrid a d’ailleurs demandé en urgence une compensation financière à Bruxelles pour dédommager les pêcheurs espagnols. Les arguments du parlement européen, qui a rejeté par 326 voix contre 296 et 58 abstentions la reconduction de l’accord de pêche, n’ont pas été convaincants.

Sur le volet financier en particulier, le Maroc considère que la compensation annuelle de 36 millions est loin d’être disproportionnée par rapport à la pression exercée sur les ressources halieutiques. D’ailleurs, le Maroc assure qu’il n’a pas été demandeur de la prorogation de l’accord, mais a « répondu à une sollicitation vive et appuyée » de l’UE. D’autres responsables marocains font valoir que le Maroc peut « donner cette exploitation à l’entreprise et aux professionnels marocains et à toute relation excellente bilatérale avec le Maroc ». De l’autre côté du Détroit, l’heure est au bilan. Outre l’Espagne et le Portugal pris de court par cette décision, l’exécutif européen à Bruxelles s’est dit « déterminé » à poursuivre le dialogue avec le Maroc sur un nouvel accord de pêche. Et Paris insiste sur son attachement au maintien de relations très étroites entre l’UE et le Maroc. Le Quai d’Orsay a rappelé que l’UE « a marqué l’excellence de ces relations en affichant dès octobre 2008 son souhait d’un statut avancé pour le Maroc qui permettrait d’accroître davantage encore sa coopération avec l’Europe ».

 

Laisser un commentaire