Accord agricole Maroc-UE : Les professionnels marocains feront le pressing jusqu’au bout

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Producteurs et exportateurs marocains de légumes et fruits restent sur le pied de guerre, tant que les lobbies anti-marocains dans l’Europe des 27, ne leur donnent pas de répit. Un accord, dont la ratification par le parlement européen n’a que trop trainé puisqu’il a été mis sur la table des négociations en 2006 pour être signé en septembre 2009 et ratifié un an après par les parlements nationaux, quatre ans après, il attend toujours d’être ratifié par le parlement européen pour entrer en vigueur. Le collectif des 13 fédérations professionnelles n’y va pas par quatre chemins. Il demande tout simplement la ratification urgente du fameux accord agricole. Les professionnels du secteur ne manquent pas d’arguments pour défendre leur cause.

De prime abord, ils rappellent que l’accord en question a été déjà ratifié en décembre 2010, par les parlements nationaux des 27 pays membres de l’UE, ce qui signifie que l’accord «est équilibré et offre également des opportunités intéressantes pour les exportations de produits agricoles et agroalimentaires européens vers le Maroc». Comme argumentaire contre les allégations des lobbies européens qui prétendent que l’accord agricole lèserait leurs agriculteurs et producteurs, le collectif rappelle que l’UE est actuellement le premier partenaire mondial du Maroc avec une part de 60% des exportations et importations (données 2009). L’UE a exporté en 2009 vers le Maroc, pour une valeur de 12 milliards d’euros, contre environ 6,5 milliards d’importations. En contrepartie, les exportations marocaines de fruits et légumes sur le marché européen ne représentent « tout au plus 2,5 % des importations intra et extracommunautaires», explique le président de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex), Younès Zrikem qui s’interroge sur tant de polémiques suscité par le débat autour de cet accord. Même pour le cas des tomates qui font raller les producteurs espagnols, le surplus attendu, 5 ans après l’entrée en vigueur de l’accord agricole, est estimé à 0,5 %, soit une goutte d’eau dans l’océan, sachant que les exportations marocaines de tomates ne dépassent guère les 300.000 tonnes par an pour un marché dont le potentiel est estimé à 8 millions de tonnes. En réalité, comme le font remarquer certains membres du collectif, cet accord fait aujourd’hui « l’objet d’une obstruction violente et systématique de la part de certains milieux politiques et groupes de pression au sein même du Parlement européen ». Les accusations de déstabilisation des marchés européens ou de non-respect des règlements en vigueur sans cesse invoquées par les lobbies anti-marocains, constituent aux yeux des professionnels marocains, «des allégations mensongères » et émanent d’une « mauvaise foi flagrante» de certains députés européens. Le collectif n’a pas omis de rappeler à l’occasion, certaines vérités à savoir que le volume total des exportations de fruits et légumes du Maroc vers l’UE est vraiment dérisoire (0,05%). En plus, il ne s’agit pas d’un nouvel accord pour susciter autant de débats. Quand au respect des règlementations et des normes de sécurité alimentaire, le collectif rappelle qu’une commission d’inspection de l’UE s’est rendue sur place au Maroc en février 2011 et est parvenue à la conclusion que l’arsenal mis en place est satisfaisant. A l’approche de la décision finale du parlement européen sur l’accord agricole Maroc-UE, les professionnels marocains préviennent d’emblée que tout rejet de cet accord risque fort de compromettre toute avancée dans les négociations sur d’autres dossiers d’une importance stratégique pour l’UE. Le rejet risque même, selon des observateurs, de semer le doute sur la crédibilité de l’UE vis-à-vis de ses partenaires du voisinage actuels ou futurs.

 

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