Espagne : sur fond de crise économique, la droite radicale se rabat sur le Maroc

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A l’approche des élections législatives anticipées prévues pour novembre prochain en Espagne, l’effervescence préélectorale semble commencer à  agiter les deux principaux partis politiques en lice. Les petits partis d’extrême gauche comme ceux d’extrême droite, à défaut de moyens humains, logistiques et financiers suffisants, font feu de tout bois. Comme l’Espagne traverse l’une de ses crises économiques les plus dures de son histoire, certains partis et leurs supports médiatiques, tentent d’amadouer l’opinion en jouant sur ses plus bas instincts. C’est ainsi que l’extrême droite espagnole et ses médias, connue  pour ses positions anti « mauros » (maures, signifiant  arabes), cherche à faire de ces derniers la source de tous les maux économiques, sociaux et sécuritaires des Espagnols.

Ainsi, selon des révélations du quotidien El País, citant des rapports confidentiels des services de renseignement ibères et des ministères de l’Intérieur et de la Justice, le Maroc à l’instar d’autres  pays arabes,  aurait élaboré une «stratégie de grande envergure» destinée à étendre son influence et renforcer son contrôle sur la population d’origine marocaine établie en Espagne, et ce par le truchement de la religion.C’est en tout cas le constat du Centre National du Renseignement (CNI, les services secrets espagnols), établi dans un rapport secret présenté en mai dernier aux ministères de l’Intérieur et de la Défense par son directeur général, Felix Sanz Roldan.
Les « services » espagnols  accusent les autorités religieuses de Rabat, d’instrumentaliser, à des fins « occultes et déstabilisatrices », les Marocains binationaux ou résidant légalement en Espagne.
Or, il est pourtant reconnu qu’en matière religieuse, le Maroc s’est toujours distingué par sa modération et par son souci que ses expatriés pratiquent leur culte en toute quiétude et qu’ils puissent apprendre à leurs enfants la langue arabe, les us et coutumes et l’histoire de leur pays d’origine. L’Espagne en fait de même, via ses centres culturels qui pullulent à travers le monde, y compris au Maroc.Le Royaume chérifien est partout apprécié pour son franc engagement dans la lutte contre les réseaux terroristes, narcotrafiquants et de l’immigration clandestine. Mais comme l’Espagne et les Espagnols traversent actuellement des moments difficiles, la droite radicale pour mieux se positionner en prévision des prochaines échéances anticipées, elle n’a pas trouvé mieux que de se servir à des fins propagandistes, du Maroc et de ses 760.000 ressortissants installés en Espagne, en plus des 70.000 Marocains ayant acquis la nationalité espagnole. Des observateurs sur place, constatent ces derniers temps, un retour en force du nationalisme-chauvinisme soutenu par certains médias espagnols. Des quotidiens et des sites Internet espagnols proches ou sympathisants des partis d’extrême-droite, ont par ailleurs accusé le Maroc de faciliter le passage aux immigrés subsahariens vers l’Espagne à travers les enclaves de Ceuta et Mellila. Ils ont même fait circuler une information selon laquelle, le Maroc aurait demandé le partage des recettes générées par le site touristique andalou de l’Alhambra à Grenade.Il s’agirait d’une fausse déclaration que la presse ibérique a attribuée au ministre marocain de la Culture, Benssalem Himmich. Ce dernier aurait affirmé dans une interview au site marocain Nador City, que le Royaume chérifien s’apprêterait à réclamer la moitié des recettes générées par les visites touristiques au palais de l’Alhambra. Une rumeur qui a été bien entendu démentie par l’intéressé lui-même et par le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri affirmant que «c’est de la désinformation pure et dure». Entre Rabat et Madrid, ce n’est ni la première crise, ni la dernière, il y en aura toujours mais ça finit toujours par se régler.

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