Maroc-Ue : L’échec des négociations sur l’accord agricole videra le Statut Avancé de son essence

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Les Marocains ne parviennent pas toujours à digérer les raisons invoquées par la Commission de l’Agriculture du Parlement européen (PE) pour justifier son avis défavorable sur l’accord agricole entre le Maroc et l’Union européenne (UE), devant être normalement être ratifié en octobre prochain par le PE.
Cette attitude suscite moult interrogations quand à l’utilité, pour le Royaume, de continuer à s’accrocher au Statut Avancé qui lui avait été accordé il y a près de trois ans par l’UE. Le partenariat Maroc/Union européenne ne devrait pas être soumis, selon des observateurs de la place, au bon gré des lobbies espagnols, italiens ou autres.

En raison de fortes pressions de ces lobbies et particulièrement espagnols, l’UE a « toujours été réticente » à l’entrée massive des fruits et légumes marocains, imposant aux producteurs/exportateurs marocains, des contraintes de prix, de calendrier et de contingent. Alors que dans d’autres secteurs où ces lobbies trouvent bien leurs intérêts, l’UE pèse de tout son poids sur son voisin du sud pour qu’il passe à l’acte.
Cette attitude se traduit souvent par un véritable déséquilibre des rapports de forces entre le Maroc et son partenaire européen, sachant que la balance alimentaire du Royaume vis-à-vis de l’UE est déjà déficitaire de près d’un milliard de dirhams.
En plus, la par des importations européennes de fruits et légumes, qui revient au Maroc, est vraiment insignifiante comme l’a d’ailleurs expliqué, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch. Celui-ci, avait précisé au lendemain de ces négociations, que la part du marché des fruits et légumes en provenance du Maroc ne représente que 2,5% des importations totales agricoles extra-communautaires. En plus, a-t-il dit, la production marocaine est complémentaire à celle européenne en matière de volume, de calibrage et de calendrier. Pour le Président de l’Institut marocain des relations internationales (IMRI), Jawad Kerdoudi les arguments présentés par la Commission de l’Agriculture du Parlement européen (PE) pour émettre un avis défavorable sur l’accord agricole entre le Maroc et l’UE, “ne sont pas recevables”. Alors que la Commission explique sa décision par “l’incompatibilité des produits agricoles en provenance du Maroc avec les normes sanitaires de sécurité alimentaire et la protection de l’environnement en vigueur dans l’UE” ainsi que par “les conditions de travail au Maroc qui pratique, selon elle, une politique de dumping”, le Président de l’IMRI explique que de tels arguments ne tiennent pas debout. Le Maroc, a-t-il rappelé, a toujours exporté depuis des décennies, ses fruits et légumes vers le marché européen. Il a même, mis en place un Organisme public de contrôle des produits agricoles, dûment agréé par la Commission européenne. En plus, en 2010, une loi sur la sécurité sanitaire des produits alimentaires a été promulguée au Maroc dans le cadre de la convergence des règlements, prévue par le Statut avancé, a rappelé le président de l’IMRI. L’accusation de pratique du dumping, a-t-il affirmé, n’est pas non plus avérée, sachant que les produits agricoles marocains sont écoulés en Europe avec une bonne marge bénéficiaire. En réalité, a conclu le président de l’IMRI, la Commission de l’Agriculture du PE s’est laissée influencer par le Parti populaire espagnol, et par les associations espagnoles de producteurs de fruits et légumes, qui rechignent à voir un concurrent prendre une petite part supplémentaire du marché européen. Les Marocains sont en fin de compte, en droit de s’interroger sur l’utilité même du Statut Avancé dont on parle beaucoup mais qui devient hypothétique en présence de rapports de force déséquilibrés en faveur de l’autre partenaire. Surtout si celui-ci tente de se comporter au gré des circonstances. Chaque fois qu’il y a crise, c’est la partie marocaine qui doit faire des concessions ou tout simplement payer les pots cassés. On est loin de la règle d’or du win-win.

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